Ode à la taverne

Amies et amis, mes hommages.

Je suis fortement heureux de vous retrouver pour une deuxième fois. Je suis rentré de Gaspésie, il y a un peu plus de trois semaines, mais, pour être bien franc, je viens tout juste de dégriser. Pauvre d’argent, mais riche de beaux moments. Non, on ne m’a pas offert de trip à trois (quelle tristesse), mais j’me suis fait des amis et j’ai rencontré un couple d’anglophones (la femme venant d’Halifax, l’homme de quelque part en Angleterre) qui maîtrisait très bien le français. Ça m’a rendu heureux. Tellement heureux que j’leur ai dit quelque chose comme :

« Z’tellement heureux qu’vous ôtes, v’z’avez appris l’frança’, ça m’chaud l’cœur. Pass’que moé, ch’t’un asti d’séparatissss du câlissss, pis ça m’chaud l’cœur. Let me buy you a Jameson. It’s my treat! Come on! Un Jameson pou’ tou’ l’monde! ».

Quand j’me suis réveillé le lendemain matin, j’avais un peu honte. Honte d’avoir eu l’air d’un vieux con de fond de taverne tout en me disant que j’serai probablement « the drunk separatist » quand viendra le temps à ces deux gentilles personnes de raconter leur voyage en Gaspésie.

Fa’que c’est ça, je viens de dégriser et c’est aujourd’hui que je dois remettre mon texte. Qu’est-ce que je pourrais bien vous raconter? Je me relis et je vois la phrase « avoir l’air d’un vieux con de fond de taverne ».

Nous aimons tous chercher une belle place où il fait bon boire. Trouver le nouveau bar tendance, rencontrer de belles personnes, se fondre dans la masse du beau. Il n’en demeure pas moins que les anecdotes les plus croustillantes se passent généralement là où la classe ne daigne pas entrer; à la taverne! Voici donc de petites histoires qui sentent le butch et la robine.

Le Bar de l’O

C’était il y a quelques années. Un ami et moi revenions d’un match de l’Impact au Stade Saputo. La bière sportive trop chère ayant fait son travail, nous n’avions pas envie d’arrêter ça là.

– Ça t’tentes-tu d’aller boire une bière au Bar de l’O?
– Chez vous sur le bord de l’eau? Ça sonne bien.
– Non, au Bar de l’O, une p’tite taverne à Charlemagne.
– Euh… ok. Ça promet.

Une fois assis au bar, on remarque un homme un tantinet chaudasse et agressif devant une machine vidéopoker. Il vient probablement de perdre beaucoup d’argent parce que c’est à coups de poing qu’il caresse la machine tout en lui susurrant des « tu-vas-payer-ma-câlisse! ». La barmaid lui demande de se calmer, ce qu’il fait un certain temps. Puis 3 heures du matin arrive et, loi oblige, la dites machine se verrouille. Les coups de poing refont surface avec un peu plus de vigueur. La barmaid le somme encore une fois d’arrêter, mais, cette fois-ci, ça ne fonctionne pas. Il frappe à nouveau.

– Hey! J’t’ai dit d’arrêter de fesser su’a machine!
– TOÉ, MÊLE-TOI Z’EN PAS! C’T’ENTRE MOÉ, LA MACHINE PIS LOTO-QUÉBEC!

On s’est étouffés dans nos verres. Il était temps de partir.

L’Univers Rock

La deuxième histoire se déroule à l’Univers Rock de Joliette. Nous y faisions un show avec mon ancien band.

Joliette, c’est une très belle ville, mais l’Univers Rock, c’est, disons… moins beau. Du moins, corrigez-moi si ça a changé, mais ce l’était dans le temps. Un de ces bars miteux où la loi sur le tabac ne semblait pas avoir juridiction.

Des gigs brunes (comme nous aimions appeler ce genre de spectacle), nous en avons fait des tonnes. Par contre, cette gig-là était plus que brune. On va dire que c’était une gig brune avec des taches jaunâtres et des p’tits motons.

Déjà, il n’y avait pas de scène. Le son a coupé en plein milieu du set, mais ce qui a le plus retenu mon attention sera cette vieille femme pleine de pas d’classe. Le haut de son corps était « habillé » d’un chandail trop moulant, pour ne pas dire tout simplement trop petit, qui épousait toute son expérience. C’est, toutefois, le bas de son corps qui attirait les regards. Une jupe beaucoup trop courte pour débuter, des fuck-me-boots pour terminer et un filet, sur ses jambes, étiré jusqu’au pas possible, pour joindre les deux bouts.

Nous étions là à jouer nos chansons pendant que cette Marie-Madeleine des pauvres tentait, tant bien que mal, de frotter son arrière-train sur quelques habitués de la place en leur disant à l’oreille quelque chose que je n’ai pas entendu, mais qui devait sûrement sonner comme « M’payes-tu une bié’ beubé? ».

Nous n’y sommes jamais retournés.

Le Transit

Comme j’y ai fait de l’improvisation pendant deux ans, des histoires, au Transit, j’en ai beaucoup. Seulement, c’est bien beau rire des autres, il faut parfois savoir rire de soi aussi.

L’hiver dernier, j’étais chez un ami pour regarder un combat de boxe. Une belle soirée entre gars où l’alcool coulait à flots. Une fois le combat fini, je reçois un texto comme quoi d’autres amis sont au Transit. Mon vieux chum Toby y avait joué, plus tôt en soirée. À force d’argumenter, je réussis à convaincre les gars d’y aller.

Il faut savoir que j’étais particulièrement chaud. Les shooters dès notre arrivée n’ont pas aidé. J’en suis arrivé à un état d’ivresse que je n’avais encore pas connu. Celle où lâcher des pets en plein milieu d’la place me faisait incroyablement rire.

Quand le premier est sorti et que j’ai vu le visage des gens littéralement changer, j’aurais dû me rendre directement aux toilettes.

Mais non.

J’en ai rajouté. Puis rajouté. Puis rajouté encore.

J’ai vidé la place.

La morale de cette histoire est la suivante. Si quelqu’un t’énerve dans un bar, saches que la violence ne sera jamais la solution.

Une bonne flatulence, par exemple…

Paix, joie, amour et pet sauce!

Kaluche

Kaluche est un homme. Il écrit et il boit, il boit et il écrit. Bref, Kaluche est un homme. Tout un!

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