Parce que Gaspésie

C’est immanquable, quand juin arrive, j’ai le pied qui se met à battre le tempo, le sourire qui me craque le visage, les yeux qui se réveillent et la soif qui fait un peu de tout ça.

C’est que, pour moi, juin rime avec vacances. L’été dernier, c’est une petite virée à New York qui m’a rempli la tête de souvenirs. Cette année, je retourne là où j’me suis papillonné l’intérieur il y a deux ans. Je vais en Gaspésie.

Au même moment que ce texte est publié, je suis sur la route, seul comme un grand, à embrayer les vitesses d’une japonaise vers ce foutu beau coin de pays. Les « vroum-vroum » de ma Mazda sont fort probablement enterrés par du Beach Boys (j’ai une fixation insensée envers ce groupe depuis quelques semaines) et, tout en regardant bien devant, je sais que les images de mon dernier périple gaspésien défilent dans ma tête.

S’étant fait varloper le cul par une pluie plus que torrentielle à notre premier arrêt, à Carleton, c’est véritablement à Percé que la magie a opérée.

Notre groupe de cinq comparses s’était séparé à des fins de logistique. Frank et moi avions la tâche de faire le plein de boisson alors que les trois autres partaient à la recherche d’une poissonnerie. Une fois laissés à nous-mêmes, Frank et moi avons rapidement vu l’enseigne du pub Pit Caribou.

– On n’peut pas y aller sans les autres. Ils vont être en beau câlisse.
– Oui, mais… bière.
– Bon point!

On entre dans le pub. C’est beau. J’veux dire, c’n’est pas nécessairement plus beau qu’une autre place. Le cachet esthétique est intéressant, mais je n’sais pas… c’est juste beau.

On s’assoit.

La serveuse vient rapidement nous voir pour nous servir.

– Qu’est-ce que vous allez prendre?
– Avez-vous de la noire?
– Oui, la Gaspésienne No 13. C’est une robuste Porter qui a gagné le prix de…

Honnêtement, je n’ai aucun souvenir du prix qu’elle a gagné. Elle m’avait eu à « oui ».

Nous en prenons donc chacun une.

Une fois servis, les verres se cognent, la santé se souhaite, les premières gorgées s’avalent. J’ai su, dès lors, que c’était la bonne. Je sortais d’une grosse peine d’amour. Cette bière a posé le premier pansement de ce qui s’avèrerait être le voyage du « retour à la tête haute ».

Nous ne parlions pas beaucoup, Frank et moi. Généralement, les silences me mettent un peu mal à l’aise. J’ai énervé des filles à leur dire qu’elles étaient belles à chaque fois qu’il y avait un silence, mais là, c’était différent.

Oui, j’avais envie de lui dire qu’elle était belle, qu’elle avait bon goût, mais, en même temps, je trouvais qu’il était un peu tôt pour être le « weirdo » d’la place. Et puis Frank aurait pu penser que j’lui parlais. Là, il y aurait eu un malaise. J’le trouve bien sympathique Frank, mais je n’le trouve pas « belle » et j’ai encore moins envie de savoir s’il goûte bon.

Nous avons fini notre bière, avons résisté à l’envie d’en prendre une autre et sommes partis rejoindre nos autres amis. La table était mise pour un beau voyage. Voyage qui goûterait la robuste Porter qui a gagné un prix quelconque en quelque part, il y a un certain moment.

Voyage qui s’est terminé à l’Auberge Festive Sea Shack. C’est là que je me dirige en ce moment même. Je vais passer cinq jours sur le bord du fleuve dans un endroit tout juste à la limite du hippie. Là où j’ai vu deux jeunes surfeurs vouloir impressionner des filles en se foutant du jus de citron dans l’œil, où Vincent a failli brûler ses pieds dans le feu, où j’ai répondu « bfegaubebdajgsbgaisubsfkbsfsiub » à une fille qui m’offrait de faire un trip à trois avec elle et sa blonde et où j’me suis remis d’une solide brosse en en virant une encore plus solide.

Je n’sais pas c’que ce voyage me réservera (si on m’offre un trip à trois, j’me promets de me souvenir de comment dire des mots), mais j’sais que j’vais passer un esti de bon moment. Parce que Gaspésie, parce que Pit Caribou, parce que fleuve St-Laurent, parce que vacances.

Sur ce, je vous lève mon verre et je vous souhaite ce que vous voulez.

Paix, joie, amour et bfegaubebdajgsbgaisubsfkbsfsiub!

Kaluche

Kaluche est un homme. Il écrit et il boit, il boit et il écrit. Bref, Kaluche est un homme. Tout un!

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1 réponse

  1. Linda Proulx dit :

    Lol continue mon neveu j’ai bien ris ta du talent avec les mots pis c’est vrai que la Gaspésie est un beau coin de pays enjoy tes vacances paix joie et bières 🍺🍺🍺😘💞💞💞

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